Plusieurs accessoires complètent cette tenue ultra-féminine qui tire pourtant ses origines du monde paysan. Devenue une sorte d’emblème depuis l’Exposition ibéro-américaine de 1929, elle émoustille le monde de la mode qui lui consacre chaque année un défilé… et le succès est toujours au rendez-vous !
Souvent parsemée de pois ou tout simplement unie, blanche ou de couleurs vives, la robe épouse fidèlement les courbes du corps féminin avant de s’évaser au niveau du genou, là où les volants se succèdent. Avec un décolleté rond ou en V, des manches courtes ou longues, mais impérativement volantées, les variantes sont nombreuses. On distinguera notamment la jupe canastera ou rociera, conçue pour marcher lors d’un pèlerinage, de la jupe à traîne appelée bata de cola.
Utilisé à l’origine pour combattre les rigueurs de l’été, l’éventail s’accompagne parfois d’une gestuelle suggestive liée à son positionnement. Les danseuses le manient avec sensualité et les élégantes de la Feria s’en passent rarement. De grande taille, le pericón est spécialement conçu pour la danse.
On raconte que les fleurs apportaient jadis une touche de gaieté dans les foires à bestiaux et que leur parfum couvrait quelque peu les odeurs. Fantaisie ou vérité ? Quoiqu’il en soit, fraîches ou en tissu, elles font partie du costume et ne peuvent être oubliées. Assorties à la tenue ou le plus souvent rouges, couleur de la passion, les corolles en forme de pivoines se portent à l’avant de la chevelure, élégante houppette cachant le chignon, ou sur le côté, en fonction de la coiffure choisie.
Pour la petite histoire, la flotte espagnole de retour de Chine faisait escale aux Philippines. Le mantón de Manille, pourtant tissé en Chine, doit son nom au fait que Manille était la première ville portuaire sur la route des navires qui transportaient les mantones jusqu’en Espagne. Ce grand châle rebrodé aux franges de 30 cm, si prisé des Andalouses, se jette sur les épaules. Symbole de glamour, on l’appelle aussi pico et il se transmet de génération en génération.
Les chaussures répondent à un modèle défini, à boucles ou à rubans. Elles doivent être en cuir souple, posséder un léger talon stable qui inclut parfois des clous sur la semelle pour les danseuses de flamenco.
Baptisées zarcillos, elles pendent parfois très bas, imposantes et colorées, assorties à la fleur des chignons. Bien plus que des créoles, elles font partie de la parure des sévillanes qui ajoutent volontiers nombre de bracelets et une précieuse épingle (alfiler) afin de retenir leur châle.